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Congé maternité d’une indépendante : durée et indemnités

Une travailleuse indépendante affiliée depuis au moins 6 mois a droit à deux prestations de l’Assurance maladie si elle arrête son activité au moins 8 semaines : une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières forfaitaires. Le congé dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant. La mutuelle, elle, intervient sur les frais de santé.

Écrit par
Constance
Relu par
Constance
Mis à jour le

L’essentiel en bref

  • Conditions : 6 mois d’affiliation à la date prévue de l’accouchement et un arrêt d’activité d’au moins 8 semaines, dont 6 après la naissance.
  • Deux prestations : une allocation forfaitaire de repos maternel (4 005 € en 2026, réduite si les revenus sont faibles) et des indemnités journalières plafonnées à 65,84 € par jour.
  • Le congé dure 16 semaines pour une naissance unique (premier ou deuxième enfant), 26 semaines à partir du troisième, davantage pour des jumeaux ou triplés.
  • La conjointe collaboratrice perçoit l’allocation et une indemnité de remplacement si elle se fait remplacer.
Femme enceinte indépendante travaillant sur son ordinateur dans un bureau à domicile, illustrant le congé maternité des travailleuses indépendantes, avec des icônes représentant la durée du congé, les indemnités financières et la maternité.

Être indépendante et attendre un enfant soulève des questions pratiques : combien de temps s'arrêter, qu'est-ce que l'Assurance maladie verse, comment faire tourner l'activité ? Les règles des travailleuses indépendantes ne sont pas celles des salariées. Ce guide reprend les informations publiées par l'Assurance maladie pour 2026.

Qui est concerné ?

Ces règles s'appliquent aux travailleuses indépendantes : artisanes, commerçantes, professionnelles libérales, micro-entrepreneuses, ainsi qu'aux conjointes collaboratrices (voir Conjoint collaborateur : quelle protection santé et sociale ?). Les praticiennes et auxiliaires médicales conventionnées (médecins, sages-femmes, infirmières, kinésithérapeutes…) bénéficient de règles spécifiques : selon l'Assurance maladie, une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières, à condition notamment de justifier de 10 mois d'affiliation à la date prévue de l'accouchement et de cesser toute activité pendant au moins 8 semaines, dont 6 après l'accouchement.

Les conditions

Pour percevoir les prestations maternité, vous devez :

  1. justifier de 6 mois d'affiliation à la date prévue de l'accouchement ;
  2. cesser toute activité pendant au moins 8 semaines, dont 6 semaines après l'accouchement.

Des périodes antérieures d'activité salariée ou de chômage peuvent être prises en compte, s'il n'y a pas d'interruption entre les affiliations.

Combien de temps dure le congé ?

Situation

Durée maximale indemnisée

Avant / après la naissance

Naissance unique, 1er ou 2e enfant

16 semaines

6 semaines avant, 10 après

Naissance unique, au moins 2 enfants déjà à charge

26 semaines

8 semaines avant, 18 après

Jumeaux

34 semaines

12 semaines avant, 22 après

Triplés ou plus

46 semaines

24 semaines avant, 22 après

Vous pouvez prendre un congé plus court que ces durées, mais jamais moins de 8 semaines si vous voulez percevoir les indemnités. Sur prescription médicale, une partie du congé prénatal (3 semaines au plus) peut être reportée après la naissance, sur demande écrite à votre caisse au plus tard la veille de la date prévue du congé.

Ce que verse l'Assurance maladie

1. L'allocation forfaitaire de repos maternel

  • Montant : égal au plafond mensuel de la Sécurité sociale au premier versement, soit 4 005 € en 2026.
  • Revenus faibles : si votre revenu d'activité annuel moyen des 3 dernières années est inférieur à 4 582 €, elle est ramenée à 400,50 €.
  • Versement : moitié au début du congé, moitié à la fin des 8 semaines obligatoires (en totalité après l'accouchement si celui-ci a lieu avant la fin du 7e mois de grossesse).

2. Les indemnités journalières forfaitaires

  • Versées pour chaque jour d'arrêt, dans la limite des durées du tableau ci-dessus.
  • Montant : calculé à partir des revenus sur lesquels vous avez cotisé (transmis par l'Urssaf), plafonné à 65,84 € par jour en 2026.
  • Revenus faibles : avec un revenu annuel moyen faible, le montant peut être très réduit ; demandez le montant exact à votre caisse avant votre congé.
  • Elles sont soumises à la CSG, à la CRDS et à l'impôt sur le revenu.

Exemple fictif : une graphiste indépendante dont les revenus atteignent le plafond, en congé de 16 semaines (112 jours), percevrait l'allocation forfaitaire de 4 005 € et jusqu'à 112 × 65,84 € = 7 374,08 € bruts d'indemnités journalières.

Le cas de la conjointe collaboratrice

La conjointe collaboratrice perçoit l'allocation forfaitaire de repos maternel (mêmes montants) et, si elle est remplacée par du personnel salarié dans ses travaux professionnels ou ménagers habituels pendant toute la durée du congé, une indemnité de remplacement égale au coût réel du remplacement, dans la limite de 66,68 € par jour au 1er juin 2026. C'est le conjoint chef d'entreprise qui doit justifier de 6 mois d'affiliation.

Les démarches

  • Aucun justificatif de revenus à envoyer : la caisse utilise les données transmises par l'Urssaf.
  • Vos cotisations peuvent être reportées pendant le congé, avec un plan d'étalement de 12 mois (jusqu'à 24 mois) : la demande se fait auprès de l'Urssaf.
  • Si vos revenus des années passées ne reflètent pas votre activité, une réétude de votre dossier peut être demandée en ligne (demarches-simplifiees.fr).
  • Un simulateur d'indemnités maternité est disponible sur ameli.fr, ainsi que des carnets maternité à télécharger, l'un pour les cheffes d'entreprise, l'autre pour les conjointes collaboratrices.

Anticiper la vie de l'entreprise

Huit semaines sans aucune activité, c'est le minimum pour être indemnisée : prévenez vos clients et vos fournisseurs suffisamment tôt, organisez un éventuel remplacement et faites le point sur votre trésorerie, en tenant compte du rythme de versement de l'allocation (moitié au début du congé, moitié à la fin des 8 semaines).

Et la mutuelle ?

L'Assurance maladie prend en charge les frais médicaux liés à la grossesse selon ses propres règles. Votre mutuelle intervient en complément sur les frais de santé (dépassements d'honoraires, chambre particulière à la maternité selon les contrats). Attention aux délais de carence : certains contrats en prévoient sur la maternité ou la chambre particulière. Voir Délai de carence d'une mutuelle.

La mutuelle ne compense pas la baisse de vos revenus pendant le congé : c'est le rôle des prestations ci-dessus et, le cas échéant, d'une prévoyance (voir Mutuelle et prévoyance : quelle différence ?).

À retenir
6 mois d'affiliation et au moins 8 semaines d'arrêt (dont 6 après la naissance) pour être indemnisée.
16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, 26 semaines à partir du 3e.
Allocation forfaitaire de 4 005 € en 2026 (400,50 € si revenus faibles) et indemnités jusqu'à 65,84 € par jour.
Conjointe collaboratrice : allocation et indemnité de remplacement si elle se fait remplacer.

Pour la complémentaire santé de votre famille, voyez nos pages comparateur mutuelle maternité et comparateur mutuelle TNS, sans aucune question sur votre santé.

Vos questions

Combien de temps doit durer au minimum le congé maternité d’une indépendante ?

Au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement, pour percevoir les prestations. Le congé peut durer jusqu’à 16 semaines pour un premier ou deuxième enfant, et plus à partir du troisième enfant ou pour une naissance multiple.

Une micro-entrepreneuse a-t-elle droit au congé maternité ?

Oui, dans les mêmes conditions que les autres travailleuses indépendantes : 6 mois d’affiliation et un arrêt d’activité d’au moins 8 semaines. Le montant des indemnités dépend des revenus déclarés ; il peut être réduit si ces revenus sont faibles.

Combien touche une indépendante pendant son congé maternité en 2026 ?

Une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € (400,50 € si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €) et des indemnités journalières forfaitaires calculées sur les revenus, plafonnées à 65,84 € par jour.

Puis-je continuer à travailler un peu pendant mon congé ?

Pour être indemnisée, vous devez cesser toute activité pendant au moins 8 semaines. En dehors de cette période minimale, interrogez votre caisse avant toute reprise partielle.

Sources