Mutuelle d’entreprise : l’essentiel pour les TPE
Dès que vous employez des salariés, vous devez leur proposer une complémentaire santé collective et en financer une partie. Voici ce que prévoient les textes, ce qui dépend de votre convention collective, et comment obtenir un devis adapté à votre entreprise.
Mis à jour le 29 octobre 2026 · Relu par Henri Elfassy le 30 octobre 2026
L’essentiel en bref
- Tout employeur du secteur privé, entreprise ou association, doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, quelle que soit leur ancienneté, sauf exceptions.
- L’employeur finance au moins 50 % de la cotisation, et le contrat doit couvrir au moins un panier de soins minimal ; l’adhésion est obligatoire pour les salariés, sauf cas de dispense prévus par les textes.
- Votre convention collective ou votre accord de branche peut imposer des garanties minimales ou un taux de cotisation plancher : c’est le premier point à vérifier.
- Notre cabinet de courtage vous rappelle et établit le devis : aucune question sur la santé de vos salariés, aucune liste nominative.
Les obligations de l’employeur
Selon Service-public.fr, tout employeur du secteur privé, entreprise ou association, doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, sauf exceptions. Concrètement, vous devez :
- Proposer une complémentaire santé collective à tous vos salariés, quelle que soit leur ancienneté dans l’entreprise. Un particulier qui emploie un salarié à domicile n’est pas concerné.
- Financer au moins 50 % de la cotisation ; le reste est à la charge du salarié.
- Choisir un contrat qui couvre au moins le panier de soins minimal (détail ci-dessous).
- Faire adhérer tous les salariés : l’adhésion est obligatoire pour eux, sauf dans les cas de dispense prévus par les textes.
Le panier de soins minimum
C’est le plancher de garanties que doit couvrir toute mutuelle d’entreprise. Votre convention collective peut exiger davantage, et vous pouvez choisir un niveau supérieur.
| Poste | Prise en charge minimale |
|---|---|
| Soins remboursés par l’Assurance maladie | Le ticket modérateur, en totalité, sur les actes remboursables (avec certaines exceptions). |
| Hospitalisation | Le forfait journalier hospitalier, en totalité. |
| Dentaire (prothèses et orthodontie) | 125 % du tarif conventionnel. |
| Optique | Un forfait tous les 2 ans (chaque année pour les enfants ou en cas d’évolution de la vue) : au moins 100 € pour une correction simple, 150 € (voire 200 €) pour une correction complexe. |
Le financement par l’employeur
L’employeur paie au moins 50 % de la cotisation ; le reste est à la charge du salarié. Votre convention collective ou votre accord de branche peut fixer un taux de cotisation plancher.
Le traitement social et fiscal de la participation de l’employeur obéit à des conditions précises : votre expert-comptable vérifie qu’elles sont remplies.
Comment mettre en place la mutuelle
Votre convention collective ou votre accord de branche
S’il s’en applique un à votre entreprise, vous devez en respecter les règles. Il peut imposer des garanties minimales ou un taux de cotisation plancher.
Un accord d’entreprise
Il se négocie avec les représentants du personnel. S’il existe un accord de branche, l’accord d’entreprise doit prévoir des garanties au moins aussi favorables.
Une décision de l’employeur
En l’absence d’accord, l’employeur peut mettre en place la complémentaire santé par décision unilatérale.
Les dispenses d’adhésion
L’adhésion est obligatoire pour les salariés, mais les textes prévoient des cas où un salarié peut demander à en être dispensé. Par exemple :
- Un salarié en contrat court (CDD ou mission de courte durée) ou à temps partiel de 15 heures ou moins par semaine, sur sa demande.
- Un salarié déjà couvert par un contrat individuel, jusqu’à l’échéance de ce contrat.
- Un salarié bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire, tant qu’il en bénéficie.
- Un salarié déjà couvert par un autre dispositif (régime local d’Alsace-Moselle, Camieg, mutuelle des agents publics…) ou comme ayant droit d’un autre contrat collectif obligatoire.
Certains cas dépendent de l’acte de mise en place et de l’accord de l’employeur, et certaines demandes doivent être faites par écrit, avec des justificatifs : conservez-les. Liste complète sur Service-public.fr
Le cas des TPE
L’obligation vaut pour les petites entreprises comme pour les grandes : elle concerne tout employeur du secteur privé, pour tous ses salariés. Dans une petite entreprise sans accord d’entreprise, la mutuelle se met en place en respectant d’abord la convention collective ou l’accord de branche qui s’applique, puis, en l’absence d’accord, par décision de l’employeur.
Trois choix structurent le contrat : le niveau de garanties (au moins le panier minimum), la couverture des familles (salarié seul, option famille ou famille pour tous) et la situation du dirigeant, qui dépend de son statut social.
Le rôle de l’expert-comptable
Votre expert-comptable connaît votre entreprise : associez-le au projet. En pratique, il peut vous aider à :
- Identifier la convention collective qui s’applique à l’entreprise et ce qu’elle impose.
- Intégrer la cotisation et la part de l’employeur dans les bulletins de paie.
- Vérifier le statut social du dirigeant, qui détermine la façon dont il peut lui-même être couvert.
- Conserver les justificatifs : acte de mise en place, demandes de dispense des salariés.
Vous êtes expert-comptable ? Vous pouvez faire la demande de devis pour le compte de votre client : indiquez-le dans la fonction du contact.
Quand un salarié quitte l’entreprise
Sauf faute lourde, l’ancien salarié indemnisé par l’assurance chômage garde sa couverture pendant la durée de son indemnisation, dans la limite de la durée de son dernier contrat et d’au maximum 12 mois.
Questions fréquentes
Une TPE avec un seul salarié doit-elle proposer une mutuelle ?
Oui. Selon Service-public.fr, tout employeur du secteur privé (entreprise ou association) doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, quelle que soit leur ancienneté, sauf exceptions.
Source : Lire la fiche Service-public.fr
Quelle part de la cotisation l’employeur doit-il payer ?
Au moins 50 % de la cotisation, le reste étant à la charge du salarié. Votre convention collective ou votre accord de branche peut prévoir des règles supplémentaires, par exemple un taux de cotisation plancher.
Un salarié peut-il refuser la mutuelle de l’entreprise ?
Seulement dans les cas de dispense prévus par les textes : contrat court ou temps partiel réduit, contrat individuel en cours jusqu’à son échéance, Complémentaire santé solidaire, couverture par un autre dispositif ou comme ayant droit d’un autre contrat collectif… Certains cas dépendent de l’acte de mise en place et de l’accord de l’employeur, et certaines demandes doivent être faites par écrit.
Faut-il couvrir la famille des salariés ?
Ce n’est pas obligatoire : l’employeur ou les partenaires sociaux peuvent décider de couvrir aussi les ayants droit (conjoint, enfants). Vérifiez ce que prévoit votre convention collective, puis choisissez entre une couverture du salarié seul, une option famille au choix du salarié, ou une couverture familiale pour tous.
Le dirigeant peut-il être couvert par la mutuelle de l’entreprise ?
Cela dépend de son statut social. Faites le point avec votre expert-comptable : le conseiller vous proposera la solution adaptée, dans le contrat de l’entreprise ou à part.
Combien coûte une mutuelle d’entreprise ?
Le tarif dépend notamment de votre convention collective, du nombre de salariés, du niveau de garanties choisi et de la couverture des familles. C’est pourquoi un conseiller vous rappelle pour établir un devis : il est gratuit et sans engagement.
Que se passe-t-il quand un salarié quitte l’entreprise ?
Sauf faute lourde, l’ancien salarié indemnisé par l’assurance chômage garde sa couverture pendant la durée de son indemnisation, dans la limite de la durée de son dernier contrat et d’au maximum 12 mois.
Source : Lire la fiche Service-public.fr
Quelles informations dois-je donner pour obtenir un devis ?
Le nom et le code postal de votre entreprise, son secteur, sa convention collective si vous la connaissez, une tranche d’effectif, le niveau de garanties souhaité et vos coordonnées. Aucune question sur la santé de vos salariés, aucune liste nominative.
Sources officielles
- Service-public.fr (Entreprendre) : quelle obligation pour l’employeur en matière de complémentaire santé ?, fiche F33754 (vérifiée le 20 janvier 2026)
- Service-public.fr : complémentaire santé d’entreprise (mutuelle santé), fiche F20739 (vérifiée le 15 mai 2024)
- Service-public.fr : peut-on refuser la mutuelle ou la prévoyance de son entreprise ?, fiche F20740 (vérifiée le 16 mai 2024)
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