Santé, prévoyance, loi de 2025
Fonction publique territoriale : ce que paie votre collectivité, et la prévoyance obligatoire en 2029
Dans les collectivités, la mutuelle n’est pas obligatoire : l’employeur participe à celle que vous choisissez ou à son contrat collectif. La prévoyance, elle, va devenir obligatoire. Voici ce qui s’applique aujourd’hui, ce que change la loi du 22 décembre 2025 et ses décrets d’octobre 2026, et à quelle date pour votre collectivité.
Mis à jour le · Rédaction : équipe éditoriale de Comparateur Mutuelle Santé · Relu par Henri Elfassy le 4 novembre 2026
L’essentiel en bref
- Depuis le 1er janvier 2026, votre collectivité doit payer au moins 15 € par mois de votre mutuelle santé, que vous soyez fonctionnaire ou contractuel. L’adhésion reste facultative.
- Depuis le 1er janvier 2025, elle doit payer au moins 7 € par mois de votre prévoyance (incapacité de travail, invalidité).
- La participation porte sur une mutuelle labellisée que vous avez souscrite vous-même, ou sur le contrat collectif choisi par votre collectivité ou son centre de gestion.
- La loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025 impose, au plus tard le 1er janvier 2029, un contrat collectif de prévoyance à adhésion obligatoire, financé au moins à moitié par l’employeur.
- Les décrets du 23 octobre 2026 fixent les agents concernés, les dispenses (CDD de moins de 6 mois, contrat individuel en cours jusqu’à 12 mois…) et des garanties relevées à 90 % de la rémunération nette.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · collectivites-locales.gouv.fr (DGCL) · Sénat, la loi en construction · Loi n° 2025-1251 · Décret n° 2026-986 · Décret n° 2026-987 · Banque des Territoires (Localtis), 26 octobre 2026 (non officielle)
Votre collectivité doit-elle participer à votre mutuelle santé ?
Oui, depuis le 1er janvier 2026, à hauteur d’au moins 15 € par mois ; elle peut décider de payer plus. Vous y avez droit que vous soyez fonctionnaire ou contractuel.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · collectivites-locales.gouv.fr (DGCL)
Deux formules existent, au choix de votre employeur :
- la labellisation : vous choisissez une mutuelle labellisée (label attestant son caractère social et solidaire) et votre collectivité vous rembourse une partie de la cotisation ;
- la convention de participation : votre collectivité, ou le centre de gestion auquel elle adhère, met en place un contrat collectif et en paie une partie ; l’adhésion peut être facultative ou obligatoire.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · collectivites-locales.gouv.fr (DGCL)
La participation porte sur un contrat qui couvre au minimum :
- le ticket modérateur en totalité sur les consultations, actes et prestations remboursés par l’Assurance maladie (avec des exceptions) ;
- le forfait journalier hospitalier en totalité ;
- les prothèses dentaires et l’orthodontie à 125 % du tarif de convention ;
- l’optique de façon forfaitaire tous les 2 ans (chaque année pour les enfants ou si la vue change), au moins 100 € pour une correction simple et 150 € à 200 € pour une correction complexe.
Source : Service-Public.fr, fiche F38327
La mutuelle santé n’est pas rendue obligatoire par la loi de 2025, qui ne porte que sur la prévoyance. Un accord collectif majoritaire signé localement peut toutefois prévoir l’adhésion obligatoire, une participation plus élevée ou de meilleures garanties.
Sources : fonction-publique.gouv.fr, le point sur la PSC · collectivites-locales.gouv.fr (DGCL)
Et la prévoyance, que paie votre collectivité aujourd’hui ?
Depuis le 1er janvier 2025, au moins 7 € par mois, pour un contrat individuel labellisé ou pour le contrat collectif de la collectivité ou de son centre de gestion. Elle peut payer plus.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · collectivites-locales.gouv.fr (DGCL)
Garanties minimales du contrat aidé :
- des indemnités complémentaires au demi-traitement pour garder une rémunération nette égale à 90 % du traitement indiciaire et de la NBI et à 40 % des primes, en congé de maladie, de longue maladie, de longue durée ou de grave maladie ;
- les mêmes indemnités en disponibilité d’office ou en attente de l’avis du conseil médical ;
- une rente en cas de retraite pour invalidité (agents affiliés à la CNRACL) ou d’invalidité de 2e ou 3e catégorie (agents relevant du régime général), pour garder 90 % du traitement net.
Source : Service-Public.fr, fiche F38327
Que change la loi du 22 décembre 2025 ?
Le parcours du texte, daté :
- février 2025 : dépôt au Sénat de la proposition de loi, pour transposer l’accord national du 11 juillet 2023 entre employeurs territoriaux et syndicats ;
- 2 juillet 2025 : adoption à l’unanimité au Sénat, avec une entrée en vigueur repoussée au 1er janvier 2029 au plus tard (au lieu de 2027 dans le texte de départ) ;
- 11 décembre 2025 : adoption définitive par l’Assemblée nationale, dans les mêmes termes ;
- 23 décembre 2025 : publication au Journal officiel de la loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025.
Sources : collectivites-locales.gouv.fr (DGCL) · Sénat, la loi en construction · Acteurs publics, 3 juillet 2025 (non officielle)
Ce que la loi prévoit pour la prévoyance :
- fin de la labellisation : seul un contrat collectif à adhésion obligatoire, conclu par convention de participation, sera possible ;
- des dispenses d’adhésion fixées par décret, d’autres pouvant être prévues par accord collectif ;
- une participation de l’employeur d’au moins la moitié de la cotisation correspondant aux garanties minimales ;
- l’assureur du contrat obligatoire devra prendre en charge les suites des maladies antérieures à l’adhésion ;
- un régime particulier pour les agents en arrêt de travail qui ont un contrat individuel : ils ne sont tenus d’adhérer qu’après 30 jours consécutifs de reprise, et touchent entre-temps la même participation de l’employeur.
Sources : collectivites-locales.gouv.fr (DGCL) · Loi n° 2025-1251
Le décret n° 2026-986 du 23 octobre 2026 ne fixe pas de montant minimal en euros : il permet seulement à l’employeur de payer plus que la moitié de la cotisation, pour tenir compte des revenus ou de la rémunération des agents, sans dépasser la cotisation totale (article 15). Le montant « au minimum de 15 € » indiqué par Service-Public.fr ne figure pas dans ce décret.
Sources : Décret n° 2026-986 · Service-Public.fr, fiche F38327
Qui devra adhérer au contrat de prévoyance obligatoire, et qui pourra en être dispensé ?
Devront adhérer, d’après les décrets du 23 octobre 2026 :
- les fonctionnaires titulaires, y compris ceux momentanément privés d’emploi pris en charge par un centre de gestion ou le CNFPT ;
- les fonctionnaires stagiaires ;
- les contractuels de droit public, y compris les assistants maternels et familiaux ;
- les apprentis et les agents en contrat adultes-relais.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · Décret n° 2026-986
Vous n’êtes pas tenu d’adhérer si :
- vous êtes en CDD de moins de 6 mois ;
- vous avez un contrat individuel couvrant au moins l’incapacité de travail et l’invalidité quand le contrat collectif démarre ou quand vous prenez vos fonctions : dispense jusqu’à son échéance, dans la limite de 12 mois ;
- vous êtes à temps non complet ou apprenti et la cotisation représenterait au moins 10 % de votre rémunération brute ;
- vous travaillez pour plusieurs collectivités et un accord local le prévoit, à condition de justifier chaque année d’un contrat individuel couvrant l’incapacité et l’invalidité.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · Décret n° 2026-986 · Banque des Territoires (Localtis), 26 octobre 2026 (non officielle)
Votre collectivité doit vous informer des cas de dispense ; vous pouvez y renoncer à tout moment et adhérer. La cotisation est un même pourcentage de la rémunération pour tous, sans lien avec l’âge ou la santé. Les garanties minimales sont relevées : 90 % de la rémunération nette, primes comprises, en arrêt de travail, et une rente d’invalidité dégressive en dessous de 50 % d’invalidité.
Sources : Service-Public.fr, fiche F38327 · Décret n° 2026-987 · Banque des Territoires (Localtis), 26 octobre 2026 (non officielle)
L’employeur pourra payer plus que la moitié, en tenant compte des revenus et de la situation familiale des agents, ou de leur rémunération (indice, catégorie). Le contrat sera conclu pour six ans, prolongeable d’un an au plus pour un motif d’intérêt général ; un comité paritaire de pilotage, présidé par un élu, est consulté sur les critères de choix de l’assureur puis associé au suivi du contrat.
Sources : Banque des Territoires (Localtis), 26 octobre 2026 (non officielle) · Décret n° 2026-986
À quelle date votre collectivité devra-t-elle basculer ?
Cela dépend de sa convention de prévoyance actuelle :
- aucune convention de participation en cours : le 1er janvier 2029 ;
- une convention qui se termine avant le 1er janvier 2029 : à son terme ;
- une convention qui se termine après : elle doit être mise en conformité à partir du 1er janvier 2029.
Sources : collectivites-locales.gouv.fr (DGCL) · Sénat, la loi en construction · Banque des Territoires (Localtis), 26 octobre 2026 (non officielle)
Retraité territorial : pouvez-vous adhérer au contrat de votre ancienne collectivité ?
Oui, si votre dernière collectivité a mis en place un contrat collectif, en santé comme en prévoyance. Sinon, c’est un contrat individuel qu’il faut choisir.
Source : Service-Public.fr, fiche F38327
Questions fréquentes
La mutuelle est-elle obligatoire dans la fonction publique territoriale ?
Non. Votre collectivité doit participer à hauteur de 15 € par mois au moins depuis le 1er janvier 2026, mais vous restez libre d’adhérer, sauf si un accord collectif local rend le contrat collectif obligatoire.
Ma mairie ne me verse rien pour ma mutuelle : est-ce normal ?
La participation n’est due que pour un contrat éligible : une mutuelle labellisée, ou le contrat collectif de la collectivité ou de son centre de gestion. Si votre contrat est éligible et que rien n’est versé depuis le 1er janvier 2026, interrogez votre service RH.
La prévoyance sera-t-elle obligatoire pour les agents territoriaux ?
Oui, au plus tard le 1er janvier 2029, ou plus tôt si la convention de participation de votre collectivité se termine avant. L’employeur paiera au moins la moitié de la cotisation des garanties minimales.
Je suis en arrêt maladie avec une prévoyance individuelle : vais-je devoir en changer ?
La loi prévoit un régime particulier : vous ne serez tenu d’adhérer au contrat collectif obligatoire qu’après 30 jours consécutifs de reprise, et votre employeur vous versera entre-temps la même participation qu’aux adhérents.
Le futur contrat de prévoyance pourra-t-il refuser mes problèmes de santé passés ?
Non : la loi impose à l’assureur du contrat collectif obligatoire de prendre en charge les suites des maladies contractées avant l’adhésion.
Je travaille pour plusieurs communes : à quel contrat adhérer ?
Chaque employeur participe en proportion de votre durée de service. Un accord local peut vous dispenser des contrats collectifs si vous justifiez chaque année d’un contrat individuel couvrant l’incapacité de travail et l’invalidité.
Pour aller plus loin
- La réforme dans les trois versantsCalendrier daté pour l’État, la territoriale et l’hospitalière.
- Garder, cumuler ou résilier sa mutuelleQue faire de votre contrat individuel.
- Comparateur mutuelle fonctionnaireComparer les mutuelles adaptées aux agents publics.
- Comparer les prévoyancesEn attendant 2029, comparer une prévoyance individuelle.
- Mutuelle communaleL’offre négociée par certaines communes pour leurs habitants.
Sources officielles et textes cités
Lues le 4 novembre 2026. Les textes publiés au Journal officiel sont cités tels que les pages officielles les référencent ; les sources « non officielles » ne servent qu’à dater une annonce qui n’a pas encore de texte.
- Service-Public.fr : complémentaire santé et prévoyance dans la fonction publique territoriale (fiche F38327)fiche vérifiée par Service-Public.fr le 30 octobre 2026
- Portail de la fonction publique (DGAFP) : le point sur la protection sociale complémentaire des agents publicsactualité du 17 février 2026
- Direction générale des collectivités locales : publication au Journal officiel de la loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025 relative à la protection sociale complémentaire des agents publics territoriaux (note de La lettre FPT)note de fin décembre 2025
- Sénat : proposition de loi relative à la protection sociale complémentaire des agents publics territoriaux, « la loi en construction » (du texte déposé au texte promulgué)
- Loi n° 2025-1251 du 22 décembre 2025 relative à la protection sociale complémentaire des agents publics territoriauxtexte promulgué lu sur le site du Sénat ; citée par Service-Public.fr et la DGCL
- Décret n° 2026-986 du 23 octobre 2026 relatif à la protection sociale complémentaire en matière de prévoyance des agents des collectivités territoriales et de leurs établissements publicsJournal officiel du 24 octobre 2026 ; ses 25 articles ont été lus le 4 novembre 2026 dans les données ouvertes du Journal officiel (DILA, archive JORF_20261024-014834). Article 9 : « Le marché ayant pour objet le contrat collectif est conclu […] pour une durée de six ans. Il peut être prorogé pour des motifs d’intérêt général, pour une durée ne pouvant excéder un an. » Article 15 : « Les collectivités territoriales et leurs établissements publics peuvent majorer leur participation au financement des garanties de prévoyance au-delà de la moitié du montant de la cotisation […]. » Aucun article ne fixe de montant en euros.
- Décret n° 2026-987 du 23 octobre 2026 relatif à la protection sociale complémentaire en matière de couverture du risque prévoyance des agents publics territoriauxcité par Service-Public.fr (fiche du 30 octobre 2026) ; non relu directement sur Légifrance
- Banque des Territoires, Localtis : « Couverture prévoyance des agents territoriaux : les décrets sont parus » (26 octobre 2026) (source non officielle)média de la Caisse des dépôts, source non officielle
- Acteurs publics : « Le Sénat confirme l’entrée en vigueur du texte sur la protection sociale complémentaire des territoriaux au 1er janvier 2029 » (3 juillet 2025) (source non officielle)presse spécialisée, source non officielle
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